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6 questions pour en savoir plus sur l’intersexuation


Laurence Gribling
Homme ou femme. Est-ce que ce sont seulement ces deux possibilités qui existent dans la nature ? Non. Découvre ce qu’on surnomme le « troisième sexe ».

Spoiler alert, mais si tu as regardé la série Fragile diffusée à Radio-Canada à l’automne 2020, tu te poses peut-être de nouvelles questions. Des questions du genre : « C’est quoi l’intersexuation ? J’avais jamais entendu parler de t’ça avant ! » 

Envie d'être un acteur de changement ? Nous aussi. Et c'est aussi simple que de s’informer et sortir de l'ignorance.

C’est ton jour de chance : on répond à 6 questions sur le sujet qui, on l’espère, t’aideront à faire lumière sur la réalité de plusieurs de nos semblables jusqu’alors reclus de la société.

1. Ça veut dire quoi « intersexuation » ?

Si tu pensais que les organes génitaux externes (le pénis ou la vulve) étaient la seule chose qui détermine ton sexe, surprise : c’est plus compliqué que ça. Oui, ce qui se trouve entre tes deux jambes est en grande partie de ce qui détermine ton sexe. Mais on prend aussi en compte ton anatomie interne, tes chromosomes, tes hormones et tes gonades.

L’intersexuation, selon l’ONU, c’est quand une personne a des caractéristiques sexuelles qui ne correspondent pas au modèle traditionnel binaire du masculin ou féminin. On parle strictement de biologie ici.  Intersexuation, c’est donc un terme qui englobe plusieurs possibilités de variantes — on en compte plus de 40 — de l’anatomie, des chromosomes, des hormones, et plus encore. Ces variantes font en sorte qu’on n’arrive pas à catégoriser une personne comme étant soit femme ou homme, mais comme étant un peu des deux.

drapeau intersexe
Drapeau de l'intersexuation

2. Est-ce que c’est dangereux pour la santé ?

Dans la majorité des cas, être intersexe ne comporte aucun risque pour la santé. Ça se peut, par contre, que le développement physique de la personne concernée soit différent de la majorité de ses pairs. Peut-être que les effets de la puberté seront différents. Peut-être que cette personne ne pourra jamais avoir d’enfants. Et tout ça — combiné à la probabilité de se sentir différent.e et seul.e dans cette situation — ça peut être difficile pour la santé mentale… Mais si on s’en tient strictement à la santé physique : rien de majeur à rapporter. La majorité des personnes intersexes sont tout aussi en santé que n’importe qui d’autre.

3. Est-ce que c’est rare ?

Pop quiz: qu’est-ce que Ron Weasley et les personnes intersexes ont en commun ? Toujours selon l’ONU, le nombre de naissances de bébés intersexes est pratiquement le même que celui de bébés roux ! 

Eh oui, dans 1,7 % des naissances, on détermine que le bébé est intersexe. C’est quand même pas rien ! Ça tombe en plein dans le « pas extrêmement rare, mais pas extrêmement commun ». 

On sait pas pour toi, mais nous on se dit : « Voyons donc, comment ça se fait que c’est encore aussi tabou ! » On en connaît tous plusieurs des roux. Ça veut donc dire que, dans la même proportion, on connaît tous probablement plusieurs personnes intersexes, sans le savoir.

On s’entend que des cheveux roux, c’est plus facile à identifier qu’une personne intersexe. Souvent, l’intersexuation, c’est pas trop visible à l’œil nu (ou même au corps nu si ce sont les organes internes, les chromosomes, les hormones ou les gonades qui sont la source de l’intersexuation). Et de toute façon, ça ne regarde personne que quelqu’un soit intersexe ou pas. 

Mais, cela dit, on croit fermement que c’est important de donner de la visibilité à ces personnes. Et surtout de reconnaître leur existence — d’où cet article. Tu verras pourquoi au point 6.

4. Est-ce qu’on peut être intersexe sans le savoir ?

La réponse courte : oui. 

« En !? Comment ça ? »

Parce que l’ambiguïté n’est pas toujours visible à la naissance. T’sais si tes organes génitaux externe et interne ont l’air tout à fait normaux, les médecins n’iront pas nécessairement voir ce qui se passe dans tes hormones ou tes chromosomes.

D’ailleurs, c’est une minorité des personnes intersexes pour qui l’ambiguïté est visible au niveau des organes génitaux externes. On parle de 0,02 à 0,05 % des cas — mais, si tu te reconnais là-dedans, l’important c’est que même si c’est plus rare, tu n’es pas seul.e ! 

Souvent, c’est à l’intérieur qu’on remarque une différence. Une personne intersexe peut, par exemple, avoir des organes génitaux externes féminins, mais des testicules qui ne sont pas descendus à l’intérieur du corps. Ou encore, être visiblement homme, mais avoir des chromosomes féminins. Ou avoir des niveaux de production d’hormones sexuelles différents de la norme. Ou tout autre des 40 variantes dont on te parlait au point 1.

Toujours est-il que pour plusieurs, la différence se fait remarquer au fur et à mesure du développement. Comme à l’adolescence — t’sais quand tes hormones se mettent en mode coup d’État et prennent tout ton corps d’assaut…

5. Est-ce que c’est la même chose qu’être transgenre ?

le sexe n'égal pas l'identité du genre, n'égal pas l'orientation, n'égal pas l'expression du genre

Non. Pas du tout. L’intersexuation, c’est une question d’anatomie et de biologie uniquement, alors qu’être transgenre, c’est une question d’identité du genre. Pour faire simple : être intersexe, c’est une caractéristique sexuelle de ton corps. Être transgenre, ça se passe dans ton cerveau. Quelqu’un qui s’identifie comme tel, c’est une personne qui se définit par un genre qui ne correspond pas à celui qu’on lui a attribué à la naissance. 

Par exemple, une personne catégorisée comme femme à sa naissance, à cause de son appareil génital, mais qui ne s’identifie pas comme une femme est une personne transgenre. Ça se peut, donc, qu’une personne intersexe s’identifie comme transgenre. Mais à la base, l’intersexuation et la transidentité ne sont pas synonymes. Bref, si tu veux en savoir plus sur la différence entre l’identité et le sexe, on te suggère de jeter un œil à notre article sur le sujet : ça rend le tout hyper simple à comprendre !

6. Comment ça se passe dans le monde pour les personnes intersexes ?

Malgré une certaine avancée, il reste encore beaucoup de progrès à faire pour que les droits des personnes intersexes soient respectés et que la discrimination dont elles sont souvent victimes cesse.

L’exemple le plus flagrant, c’est probablement le fait que, bien que l’intersexuation soit reconnue par des organisations comme Amnesty International, l’ONU, l’Organisation mondiale de la Santé, ainsi que des milliers de professionnels de la santé dans le monde, peu du commun des mortels en a déjà entendu parler. En s’entêtant dans la binarité, on renie carrément toute une partie de la population. Malheureusement, au Québec, c’est encore comme ça. Fais le test : demande à ton entourage s’ils savent ce qu’est l’intersexuation. Les réponses risquent d’être majoritairement « non » et c’est ça le problème. Comment veiller à ce que les droits de ces personnes soient respectés si on ne sait même pas qu’elles existent !

Des chirurgies correctrices

Pire, dans le monde entier, plusieurs enfants intersexes subissent des chirurgies et des traitements hormonaux « correcteurs » qui n’ont aucune fonction médicale et qui sont irréversibles. Ce sont des procédures qui sont faites seulement pour les faire fitter plus dans les stéréotypes féminins et masculins. 

Pour reformuler : on impose des transformations purement esthétiques à des mineurs qui sont en parfaite santé et qui ne sont pas en âge de consentir à ces interventions. Si tu ne t’en doutes pas déjà, on t’avise que l’impact psychologique de telles pratiques sur ces personnes est souvent dévastateur. Sans parler des répercussions physiques possibles (douleur chronique, stérilité, ou perte de sensibilité). Plusieurs d’entre iels, une fois adultes, ont contesté ces mutilations et les ont carrément qualifiées d’abus et d’atteintes à la personne.

C’est comme si on te disait : ton nez est un peu différent de la norme, on va te faire une chirurgie pour t’en refaire un nouveau. Même si tu respires bien. Même si toi, ton nez, il ne te dérange pas. De toute façon, t’as pas ton mot à dire, on va le faire, que ça te plaise ou non.

On te donne une seconde de pause pour réfléchir à ça, parce que nous on est sans voix.

Un vent de changement

Le combat est loin d'être terminé, mais c'est tout aussi important de célébrer les victoires.

  • L’Allemagne, l’Australie et le Népal reconnaissent un troisième sexe sur leurs actes de naissance. L’Afrique du Sud est en train d’évaluer la possibilité de faire de même ;
  • En 2015, Malte devient le premier pays à instaurer une loi qui interdit les interventions médicales d’assignation de sexe qui peuvent être réalisées plus tard, lorsque la personne sera en âge de donner son consentement éclairé ;
  • Malgré la polémique autour de son taux naturel de testostérone — t’sais quand on te parlait de discrimination tantôt —, on ne peut qu’applaudir les réalisations incroyables de l’athlète féminine intersexe sud-africaine Caster Semenya qui est double championne olympique et triple championne du monde au 800 m. You go, girl.
  • Autre carrière incroyable d’une personne intersexe : Dior, Chanel, Louis Vuitton, Yves Saint-Laurent, et plusieurs autres géants de la haute couture s’arrachent les services du mannequin Hanne Gaby Odiele, qui est ouvertement non-binaire et intersexe. Iel a aussi fait la couverture de Vogue, Marie-Claire et Elle. 
  • La Journée internationale de la visibilité intersexe est le 26 octobre : passe le mot et montre ton soutien !

Pour en apprendre plus, ou pour te joindre à la communauté intersexe, on te suggère ces quelques ressources : 

P10
Centre de lutte contre l'oppression des genres
Alliance Arc-en-ciel
OII Francophonie
Le centre canadien de la diversité des genres + de la sexualité (principalement en anglais)

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