Pas toujours facile de s’y retrouver et de rester à jour parmi les termes 2SLGBTQIA+. On t’explique la différence de quatre grands concepts ici pour t’aider à y voir plus clair — et peut-être à te comprendre toi-même un peu mieux.

Commençons par le commencement : l’identité de genre, le sexe, l’orientation et l’expression de genre, ça ne concerne pas juste la communauté queer. Ça concerne tous les êtres humains. C’est simplement une manière plus exacte de se définir.

Pourquoi est-ce qu’on se définit comme ça maintenant ? Parce que ce dont on s’est rendu compte au fil du temps, c’est que l’être humain est complexe (la grosse révélation, toi) et que l’idée d’une société binaire est désuète et carrément fausse. On ne peut simplement pas représenter la réalité humaine de manière exacte avec seulement deux couleurs — tout n’est pas noir ou blanc (ou plutôt rose ou bleu). Pour comprendre l’être humain, il faut savoir reconnaître ses différentes dimensions et les placer sur un spectre.

Les 4 dimensions de l’être humain

Le sexe

Quand on dit « sexe », on parle uniquement de caractéristiques physiques.

Ça englobe plusieurs choses, comme entre autres, les chromosomes, les hormones, et surtout, ce qui se trouve entre tes deux jambes. « Sexe », ça sous-entend souvent le sexe assigné à la naissance que les médecins déterminent à la vue de ton appareil génital. Les choix : femme, ou homme.

Sauf que ce modèle omet un détail plutôt important : plusieurs bébés naissent avec un appareil génital qui comprend des éléments à la fois femelles et mâles, si bien qu’il est techniquement impossible de les classer dans l’une seule des deux catégories. 

On appelle ça être une personne intersexe. Ça peut se manifester de différentes manières, par exemple, par le syndrome de Klinefelter où l’individu·e peut avoir des organes génitaux mâles, mais développer des seins et n’aura pas beaucoup de pilosité. Les possibilités sont multiples. 

Au Québec, à cause des papiers gouvernementaux, les médecins doivent s’entendre pour placer le bébé dans la catégorie qui fit le plus. Mais ce n’est pas partout comme ça. En Allemagne, l’acte de naissance reconnaît trois options de sexe : féminin, masculin et intersexe.

Tout ça pour dire que le sexe, c’est pas mal plus complexe que seulement deux catégories. Dans les faits, on parle donc plus d’un spectre. En se basant sur les chromosomes et l’anatomie de la personne, on arrive à déterminer le niveau physique de « femellité » et de « mâlité » de celle-ci. On peut donc avoir un sexe totalement femelle, mâle, ou quelque part entre les deux (intersexe).

L’identité de genre

L’identité de genre, elle, se passe entièrement dans le cerveau. Aucun rapport avec ton sexe, ton physique, ou le type de personne qui fait battre ton cœur : ça fait référence à comment tu te perçois, toi, comme personne, à quoi tu t’identifies. Soyons clair·e·s : ce n’est pas un choix. D’ailleurs, à part pour l’expression de genre, rien n’est un choix ici. Même principe que pour le sexe : on parle ici d’un spectre. Tu peux t’identifier comme étant femme, homme, comme ayant plusieurs genres, aucun genre ou encore avoir un genre fluide — et encore une multitude d’autres alternatives. Il existe donc plusieurs identités ou combinaisons d’identités. En voici quelques-unes :

  • Personne agenre — individu·e qui ne s’identifie à aucun genre.
  • Personne pangenre — individu·e qui s’identifie à plusieurs genres.
  • Personne non binaire — individu·e dont le genre n’est ni masculin, ni féminin.
  • Personne bispirituelle — terme pouvant être utilisé par un·e individu·e autochtone pour décrire son identité sexuelle, spirituelle ou de genre. On tient à noter que ça fait des siècles que ces peuples reconnaissent l’existence de la diversité sexuelle et de genre.
Lorsque l’identité de genre d’une personne correspond à celui qu’on lui a assigné à la naissance, on dit alors d’elle qu’elle est cisgenre. Dans le cas contraire, on parle d’une personne trans. 

Exemples : 

À la naissance de Monique, on a dit à ses parents que c’était une fille. Monique s’identifie comme femme — elle est cisgenre. 
À la naissance de Sam, on a dit à ses parents qu’iel était un garçon. Sam s’identifie comme personne non binaire — iel est trans.

L’orientation

Ton orientation, c’est ce qui se passe dans ton cœur. Ça fait référence à l’attirance romantique ou sexuelle que tu éprouves pour quelqu’un. On fait une différence entre les deux, parce que ce n’est pas tout le monde qui a des envies sexuelles (l’asexualité, tu connais ?). L’absence de désir charnel ne veut pas dire qu’on ne peut pas ressentir une attirance romantique pour d’autres. Et le contraire existe aussi (aromantisme).

Bref, traditionnellement, on définit son orientation en prenant en compte son propre genre et celui des personnes qui nous intéressent. On peut donc être attiré·e par des personnes du même genre que le nôtre, d’un genre différent ou encore par tous les genres.

Définir ton orientation, c’est pas du tout nécessaire. Si c’est important pour toi de mettre le bon terme sur ce que tu ressens, libre à toi de le faire — c'est tout à fait valide et ça permet d'avoir un sentiment d'appartenance à une communauté, chose parfois grandement réconfortante quand on fait partie d'un groupe marginalisé. Mais personne ne t’y oblige. Tu peux vivre toute ta vie en ne suivant que ton cœur, sans avoir à te soucier de coller une étiquette spécifique à ton attirance.

L’expression de genre

L’expression de genre, c’est la manière dont tu te présentes. Si tu étais un biscuit Whippet, ça serait la couche de chocolat par-dessus ta guimauve. Ça inclut entre autres ton apparence — comme ta coupe de cheveux, le genre de vêtements que tu portes, si tu mets du maquillage, etc. — ta façon de te comporter, ton langage corporel, ta voix, et aussi les pronoms que tu utilises pour faire référence à toi-même. 

Ça se peut que, par ton expression de genre, tu veuilles aider à solidifier une autre dimension de ta personne — comme te soucier « d’avoir l’air » de ton genre. Mais ça se peut aussi que ton expression soit simplement motivée par tes goûts, par la météo ou par les activités que tu as prévues faire cette journée-là. D’ailleurs, ça évolue et ça change au fil du temps (ou des heures) ou de ton humeur.

Définir ton expression de genre, c’est beaucoup basé sur la vision traditionnelle (et désuète) des genres et de ce qui leur est associé. Un exemple simple : porter du vernis à ongles peut être vu comme une expression de sa « féminité » (parce que le vernis à ongles est traditionnellement associé aux femmes — quand on te disait que c’était désuet). Est-ce que ça veut dire qu’un homme manucuré est gai, ou qu’il n’est pas un homme cis ? Non. Absolument aucun rapport. Ça veut juste dire qu’il aime avoir le bout des doigts coloré.

Des dimensions reliées, mais distinctes

Si tu n’as qu’une chose à retenir de cet article, c’est la suivante :

le sexe n'égal pas l'identité du genre, n'égal pas l'orientation, n'égal pas l'expression du genre

Oui, ces quatre dimensions sont reliées, mais elles sont surtout distinctes les unes des autres.

Ton sexe ne détermine pas ton identité de genre.

Ton expression de genre ne détermine pas ton orientation.

Ton orientation ne détermine pas ton identité.

Et ainsi de suite pour toutes les combinaisons possibles. 

Bref, ce sont quatre dimensions qui font de toi l’être que tu es, sans nécessairement s’influencer les unes les autres. 

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À propos de Laurence Gribling

Rédactrice en chef | Pronoms : elle/la | Fan de café, féministe intersectionnelle, cat lady, et nomade à mes heures, j’ai porté plusieurs chapeaux avant de prendre celui de rédactrice en chef pour JUST A LITTLE FUN. Entre deux jeux de mots et une référence de culture pop, j’espère aider à changer les normes, à éclaircir les tabous, bref, à shaker un peu la sexualité pour la débarrasser de ses chaînes, un article à la fois.

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