Suite à la mort inattendue d’un être cher, il est tout à fait normal de se sentir déconnecté·e. Si tu as déjà perdu quelqu’un, ça se peut que tu te sois senti·e « ailleurs » pendant une certaine période, comme entre deux tunes de Daniel Bélanger, « là », mais pas tout à fait. Face au deuil, certain·e·s d’entre nous perdrons de l’intérêt pour les choses qui nous apparaissaient autrefois stimulantes : le cinéma, le sport, la musique… le sexe. Eh oui, le deuil fait partie des nombreuses choses qui peuvent affecter le désir sexuel, je ne t’apprends rien. Cela dit, un truc dont on parle moins, c’est que le deuil est tout aussi susceptible de nous rendre… super horny

Même si cela peut paraître contre-intuitif, personne ne cope avec le choc de la même façon, et certain·e·s le font en sexant leur prochain·e. Seems fair to me. Quand on y pense, ce n’est pas particulièrement ahurissant non plus : face à un événement aussi difficile, c’est juste normal que l’on cherche à combler un vide (littéralement). 🤪 

Time flies, penises rise

Pour reprendre les mots d’Hannah Smothers, écrivaine, journaliste et rédactrice pour VICE :

“Craving sex is an awkward but deeply human response to one of life’s worst moments. […] Living through the death of a loved one can put people in a very YOLO state of mind; faced with the fleetingness of life, you may as well bone while you can.”

Pour l’avoir vécu, la perte d’un proche peut effectivement nous confronter à l’éphémérité de l’existence humaine, comme si on ne s’était jamais vraiment rendu compte de la fragilité de celle-ci. Ça a ça de bon : c’est un brusque, mais efficace rappel de ne point remettre à demain une partie de jambes en l’air à laquelle on pourrait participer aujourd’hui !

Comme la psychologue clinicienne et autrice Alexandra H. Solomon le mentionne dans une entrevue à ce sujet :

“When someone we love has died, we are desperate to tap into life, and there’s no more powerful access point to a sense of vitality and aliveness as sex. Losing someone puts death in front of us. So some people use sex to tap into life.”

Bref, tant que tu ne repousses pas consciemment le processus de ton deuil ou que tu n’as pas l’impression de faire de l’évitement, utiliser la sexualité pour te reconnecter à ton corps ou pour te sentir plus « vivant·e » est une réponse humaine et parfaitement légitime.

Live, laugh, love, ou, en d’autres mots : dopamine, ocytocine, endorphine

Je n’ai guère l’intention de me lancer dans l’étude des neuromédiateurs aujourd’hui, mais rappelons simplement que le plaisir sexuel est à l’origine de la sécrétion de plusieurs hormones. Parmi les hormones libérées par le corps durant le sexe figurent la dopamine, l’ocytocine et les endorphines. Comme la sérotonine, ces hormones associées au bonheur ont, entre autres, pour effet d’offrir un sentiment de satisfaction et parfois même une poussée de sentiments positifs, de diminuer le niveau de stress et de limiter les effets de la dépression

Tout ceci peut d’ailleurs s’étendre sur plusieurs jours et nous offrir un réel soulagement, la sensation de reprendre notre souffle. Rien de surprenant à ce que notre corps crave ces bienfaits pour contrer le stress ou la déprime liés au deuil !

Prendre son pied sans culpabilité 

Il se peut que tu te sentes coupable, surtout si tu fais le deuil d’un·e partenaire. Si ça peut t’aider, rappelle-toi qu’il n’y a pas de « bonne » attitude à adopter suite à la perte d’un proche. Tu connais ton corps et tes désirs mieux que quiconque, inutile de les remettre en cause au nom de conventions sociales désuètes au service du patriarcat et de sa police des orgasmes. Sex is self-care. Masturbation too. Si tu ne te sens pas prêt·e à fréquenter de nouvelles personnes, rien ne t’empêche de dater ton Tiguidou. 🖤

Il est déplorable de constater à quel point la sexualité, et plus particulièrement la sexualité des femmes, bien qu’aujourd’hui moins taboue, soit encore et toujours la cible de condamnations pathologisantes et de sempiternels points de vue non sollicités. De grâce, cessons de traiter la sexualité comme un phénomène vécu collectivement de la même façon et dont on ressentirait toustes le besoin au même moment. 

Je terminerai avec trois recommandations de pages Instagram à suivre pour les jours où tu te sentirais seul·e dans ces montagnes russes que peut constituer le deuil :

author-avatar

À propos de Margot Chénier

Rédactrice et spécialiste des réseaux sociaux | Pronoms : elle/la | Diplômée en Études Féministes, je poursuis présentement mon parcours universitaire en Film Studies. Je suis une grande fan de tout ce qui vibre, qui brille ou qui pétille. J’ai Bye bye mon cowboy de pognée dans la tête 24/7. Je prends plaisir à mettre feu aux aux normes sociales pernicieuses et désuètes. On me qualifie parfois de «radicale», mais je ne vois pas ce qu’il y a de radical à vouloir anéantir la réputation de Woody Allen et la culture du viol. J’ai horreur qu’on utilise le terme vagin pour parler de vulve. Je passe le plus clair de mon temps à faire des rants contre la culture des diètes et le film Never been kissed. If you need me, I’ll be eating 5lbs of asparagus in the corner.

Une réflexion sur “Deuil et sexualité : un amalgame parfois surprenant

  1. Mario Vandal dit :

    Pourquoi utiliser tant dd citations en anglais, et surtout ne pas les traduire?

    Continuez votre bon travail, en français s’il vous plaît !!!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié Les champs obligatoires sont indiqués avec *