Restreins-tu tes possibilités de plaisir à cause de vieilles idées arriérées ? Es-tu coincé.e dans des scripts sexuels qui n’ont plus lieu d’être ? Découvre-le ici.

À vivre depuis des siècles dans une société hétéronormative, grandement influencée par l’Église et où la virilité est maître, on ne s’étonne pas que les hommes ressentent une pression de performance constante, qui s’étend aussi à la chambre à coucher.

T’sais « mon père c’est le plus fort », « man up » et « les gars pensent tout le temps au sexe », c’est pas sorti de nulle part. Selon Jean-Jacques Courtine, professeur à la Sorbonne à Paris, cette version de l’homme virile comme on le perçoit aujourd’hui (fort, qui fait à sa tête et qui est irrésistible — aka James Bond) se serait construite au fil des siècles autour de trois valeurs : la force physique, la masculinité dominante et la puissance sexuelle. 

Même si les temps ont changé et changent encore (on peut-tu se dire qu’un papa qui se déguise en Elsa pour aller voir La Reine des Neiges au cinéma avec son garçon, c’est viril sur un autre temps), c’est difficile de se défaire de cette pression de performance qui nous suit depuis des générations.

À cause d’elle, tu peux avoir absorbé plus ou moins inconsciemment toutes sortes d’idées préconçues au sujet de la masculinité, et ce peu importe ton genre, ton orientation ou ton appareil génital.

Viens donc en démanteler quelques-unes avec nous, question de t’aider à vivre ta meilleure vie sexuelle.

Les hommes sont toujours down (to fuck)

On pense que les hommes sont comme les vibrateurs : tant qu’ils sont chargés (de sommeil et de bouffe, dans le cas de l’humain), ils sont toujours prêts pour l’action. Mais la réalité, c’est que le désir sexuel varie chez tous les humains. Selon Sarah Hunter Murray, détentrice d’un doctorat en sexualité humaine, l’âge, le niveau de stress, la santé mentale et la connexion émotionnelle sont entre autres des raisons qui peuvent avoir une influence sur le niveau de désir masculin. 

La pression de devoir concevoir un bébé à tout prix peut aussi peser lourd. « J’suis brûlé, ma blonde veut tout le temps qu’on fasse l’amour quand elle ovule », comme me disait un ami — true story.

Bref, non, les hommes ne sont pas toujours down. Et c’est normal. Même si le stéréotype nous fait croire le contraire. 

Un gros pénis est synonyme de bon sexe

Une amie m’a déjà raconté qu’elle était partie en vitesse à la vue du pénis de son one night stand, parce qu’il était long et mince et que ça l’avait turn off.

Et que dire de mes amis masculins qui ont voulu que je confirme que leur courgette était plus grosse que la moyenne…

Entre ça et les publicités en bordure de vidéos porno pour des pilules ou des pompes qui donnent deux pouces de plus au pénis de la personne qui l’utilise, semblerait-il que la légende urbaine veut que pour avoir une bonne partie de jambe en l’air, il faut absolument un membre imposant.

Pas étonnant, donc, que la taille du pénis soit source d’insécurité pour de nombreux hommes.

Mais newsflash : elle n’a pas d’incidence sur le niveau de plaisir durant un rapport sexuel.

Tu nous crois pas ?

Savais-tu que le point G est situé de 3 à 5 cm de l’entrée du vagin ? (Pas mal la longueur de ta clé de maison ça.) Pareil pour le point P, aka la prostate, qui se trouve aussi de 3 à 5 cm du début de l’anus. On est loin d’avoir besoin d’un gigantesque pénis pour l’atteindre — même qu’il est plus facile de stimuler ces zones érogènes avec un doigt. 

Pis on va se le dire, si tu veux mettre toutes les chances de côté pour faire jouir tan partenaire… t’es pas mal mieux de savoir comment jouer avec son clitoris que de te pomper le bat pour gagner 2 pouces ! Sachant que 90 % des personnes ayant une vulve atteignent l’orgasme par stimulation directe du gland du clitoris et que seulement 20 % d’entre elles ont la capacité d’atteindre l’orgasme par pénétration, tu peux ranger ta pompe et sortir tes doigts, ta langue et des jouets. 

Un énorme pénis peut même être intimidant pour certain.e.s. Surtout quand on sait, par exemple, que le canal vaginal mesure environ 12 cm. Un pénis qui cogne contre le col de l’utérus, c’est loin d’être agréable et ça passe tout droit à côté du point G. Même chose pour le sentiment de plénitude si agréable de l’anal : ce sont les extrémités nerveuses du début de l’anus qui sont en jeu, pas le fin fond de ton rectum. 

L’érection est un élément essentiel pour avoir du sexe

Wrong again. Mais c’est facile d’y croire quand on se fait marteler depuis toujours que le seul rapport sexuel qui compte, c’est la pénétration, et qu’en on sait que des millions d’hommes prennent du Viagra — tant mieux pour eux et leur partenaire si ça leur convient !

Mais savais-tu qu’il est possible pour les personnes possédant un pénis d’avoir un orgasme sans érection ? Eh oui, les nerfs qui servent à l’érection ne sont pas les mêmes que ceux qui procurent du plaisir. On tient aussi à dire que l’orgasme n’est pas le but ultime d’une relation non plus. Travailler son intimité, développer une connexion avec la personne, ça aussi c’est plaisant.

Il existe toutes sortes de pratiques sexuelles, outre la pénétration, qui se font tout aussi bien avec un pénis mou. Fellation, masturbation mutuelle, caresses, massage érotique, exploration anale, utilisation de jouets sexuels… lâche-toi lousse si l’envie te prend !

Une relation sexuelle, ça peut aussi impliquer la stimulation d’autres zones érogènes que le pénis. D’ailleurs, peu importe ta situation, on te recommande de les essayer, ça vaut la peine 😉 . 

L’utilisation d’un jouet à deux est une réflexion de la performance

Les jouets sexuels ne sont pas des compétiteurs, ils font partie de ton équipe pour gagner la médaille d’or(gasme). Autant pour toi que pour tan partenaire. Si l’objectif principal de vos ébats est le plaisir, avoir recours à des objets pour vivre de nouvelles sensations ou varier la routine ne devrait donc pas être vu comme un indicateur de satisfaction : y’a simplement des choses dans la vie que le corps humain ne peut pas faire. Vibrer, par exemple. 

Avoir recours à des jouets, ça peut même aider à alléger la pression de devoir absolument « satisfaire » sa douce moitié. Si la fatigue vous prend, si vous avez seulement le temps pour une p’tite vite, ou même si vous n’êtes pas trop dans le mood, un jouet peut être la solution pour partager malgré tout un moment d’intimité. Et de toute façon, ça ne remplacera jamais les bisous dans le cou, les caresses, le dirty talk, bref la chimie entre vous deux qui complète l’expérience.

Le sexe anal, c’est gai

« Si la sexualité était une question de plaisir, les femmes seraient moins pénétrées et les hommes le seraient davantage. » C’est pas moi qui l’ai dit, c’est l’auteur Martin Page dans son livre Au-delà de la pénétration

Une pratique sexuelle n’a aucun rapport avec ton orientation. Il s’agit simplement d’avoir du fun et d’explorer ses zones érogènes. Et des zones érogènes, le postérieur masculin en compte trois — et une infinité de manières d’en tirer du plaisir, que ce soit avec un doigt, une langue, un jouet ou un pénis : le périnée, situé entre l’anus et les testicules, l’anus et la prostate. Cette dernière a d’ailleurs le pouvoir de donner des orgasmes explosifs qui, selon la rumeur, se ressentent dans tout le corps. En plus, la stimuler aurait même plusieurs bienfaits pour la santé. Ça serait fou de s’en passer.

C’est TA vie sexuelle, défais-toi des scripts qui t’ont été appris et redéfinis-la comme tu l’entends.

author-avatar

À propos de Laurence Gribling

Rédactrice en chef | Pronoms : elle/la | Fan de café, féministe intersectionnelle, cat lady, et nomade à mes heures, j’ai porté plusieurs chapeaux avant de prendre celui de rédactrice en chef pour JUST A LITTLE FUN. Entre deux jeux de mots et une référence de culture pop, j’espère aider à changer les normes, à éclaircir les tabous, bref, à shaker un peu la sexualité pour la débarrasser de ses chaînes, un article à la fois.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publié