Dû aux mesures mises en place par le gouvernement, les commandes passées depuis le 23 décembre, jusqu’à nouvel ordre, seront traitées lors de la levée de l’ordre de fermeture des entreprises à bureaux.

Petite introduction aux dysfonctions sexuelles masculines

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Daphné Blain
Es-tu en mesure de différencier une difficulté sexuelle normale d’une dysfonction sexuelle ? Est-ce que les dysfonctions sexuelles sont fréquentes chez les personnes avec un pénis ? Démêlons tout ça ensemble.

J’utilise « homme » lorsque je rapporte des statistiques ou des termes diagnostiques, puisque, malheureusement, encore très peu de données scientifiques incluent toutes les personnes avec un pénis. Cependant, les critères diagnostiques et les facteurs explicatifs mentionnés sont pertinents pour toute personne propriétaire d’un pénis, peu importe son genre.

Ça t’est peut-être déjà arrivé de vivre de l’anxiété de performance par rapport à la sexualité. Selon ce qu’on entend régulièrement, il faudrait qu’un « homme viril » bande dur et longtemps, qu’il parvienne à l’orgasme juste au bon moment, et ce, presque sur demande, car il en a toujours envie. Ouffff ! Même si ces croyances sont erronées, elles nous restent parfois en tête et peuvent affecter notre conception de la santé sexuelle. « Est-ce que je suis normal.e ? Ai-je un problème ? » C’est donc important de s’informer et de bien comprendre ce qu’implique réellement une dysfonction sexuelle.

Difficulté sexuelle ou dysfonction sexuelle

Prenons l’exemple d’une soirée où tu n’arrives pas à bander. Ou peut-être que c’est tan partenaire qui est dans cette situation. Peu importe, le résultat est le même : la pratique sexuelle dont vous aviez envie n’est pas au menu ce soir. 

On parle alors d’une difficulté sexuelle

Si, cependant, cette difficulté se reproduit très souvent pendant plusieurs mois, la personne qui n’arrive pas à bander pourrait alors ressentir de plus en plus d’anxiété et d’idées négatives par rapport à la situation. C’est à ce moment qu’on peut parler d’une dysfonction sexuelle. (Dans ce cas-ci, il s’agirait d’un trouble de l’érection.) En d’autres mots, pour passer de difficulté à dysfonction, il faut que le « problème » survienne depuis un certain temps et qu’il soit source de détresse significative pour la personne qui le vit.

Ce dernier point est important et s’applique à toutes les difficultés/dysfonctions listées dans cet article : ta situation n’est un problème que si tu ressens toi-même qu’elle en est un. Il n’y a pas de guide ou de marche à suivre quand on parle de sexualité.

Troubles de l’érection

Et si je te disais qu’un homme de 40 à 70 ans sur deux vit des troubles de l’érection (Service d’urologie du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), 2019). En effet, ces troubles affectent des individus de tous âges, mais ils se présentent davantage chez les personnes plus âgées (Desjardins & Tremblay, 2022).  

Le trouble de l’érection implique la présence d’au moins un des trois symptômes suivants : difficulté à parvenir à une érection au cours de l’activité sexuelle, difficulté à maintenir l’érection jusqu’à l’achèvement de l’activité sexuelle et diminution marquée de la rigidité érectile (American Psychiatric Association, 2016). 

Permets-moi de nuancer. Que tu ou tan partenaire viviez quelques soirées où l’érection est impossible, c’est tout à fait normal. On se rappelle d’ailleurs que l’érection n’est pas essentielle pour avoir du sexe. Ainsi, pour qu’un diagnostic soit donné, un ou plusieurs de ces éléments doivent être présents très régulièrement (75 à 100 % des occasions) depuis au moins six mois et ils doivent créer de la détresse chez la personne (APA, 2016).

Quels sont les facteurs pouvant le causer ?

La présence d’un trouble de l’érection peut être due à de nombreux facteurs (Dugal, 2021b). D’abord, des facteurs physiologiques tels que certains troubles vasculaires, neurologiques ou hormonaux, le diabète, ou encore certaines chirurgies sont à prendre en compte. 

Souvent, des facteurs relationnels comme des conflits, des attentes et des réactions négatives lors des difficultés sexuelles ou un manque d’expérience ou de communication sexuelle dans le couple sont aussi importants à considérer. 

Les émotions, les cognitions et les comportements de la personne ont également un grand impact. Par exemple, l’anxiété de performance, la tendance à éviter, une faible estime de soi et l’interprétation de soi comme étant un échec peuvent être des causes comme des conséquences de vivre un trouble de l’érection. Un peu comme un cercle vicieux, en fait — plus tu stresses par rapport à la possibilité d’avoir de la difficulté à bander, plus ça risque de se produire. 

Finalement, les facteurs socioculturels ne sont pas à négliger. Un manque d’éducation sexuelle ou l’adhésion à des mythes sur la sexualité (comme l’idée que la pénétration est essentielle pour satisfaire l’autre… eh non !) peuvent expliquer un trouble de l’érection. 

Troubles de l’éjaculation 

Trop rapide

Le diagnostic de trouble de l’éjaculation dite prématurée ou précoce implique une éjaculation dans la minute suivant la stimulation du pénis, et ce, avant que la personne ne souhaite éjaculer (APA, 2016). Le trouble peut être léger, moyen ou grave selon la durée du contrôle sur le réflexe éjaculatoire (allant de 30 secondes à 1 minute, jusqu’à 15 secondes et moins). Ce trouble touche environ un homme sur trois et est plus fréquent chez les personnes plus jeunes (Dugal, 2021b ; Service d’urologie du CHUV, 2019).

Trop lente

À l’opposé, le diagnostic de trouble de l’éjaculation retardée implique quant à lui un retard marqué ou une absence de l’éjaculation, et ce, sans que la personne ne souhaite retarder celle-ci (APA, 2016). Ce trouble est moins fréquent, touchant environ de 1 à 4 % des hommes, et il est donc moins étudié que les autres dysfonctions masculines (Dugal, 2021b ; Shin & Spitz, 2014). Par contre, le nombre d’études n’est pas du tout équivalent à l’importance du trouble. Vivre avec un trouble de l’éjaculation retardée peut être tout autant difficile que de vivre avec un autre trouble.

Dans les deux cas, les difficultés doivent être présentes dans 75-100 % des activités sexuelles depuis au moins six mois et doivent engendrer une détresse importante chez la personne (APA, 2016). 

Petit rappel : il n’y a pas de temps « idéal » et tu n’as pas à performer pour une durée déterminée. Oublie les modèles de la porno et les attentes de la société et demande-toi plutôt si tu es satisfait.e dans ta sexualité ou si cette durée crée chez toi de l’anxiété ou des émotions négatives, par exemple.

Pourquoi ça peut arriver ?

De la même manière que pour le trouble de l’érection, de nombreux facteurs, tant personnels que relationnels et sociétaux, peuvent expliquer l’apparition d’un trouble de l’éjaculation. Le modèle de « l’homme viril » qui a souvent été appris très jeune, ainsi que la vision hétéronormative de la sexualité comme étant une performance où seul le pénis est responsable du plaisir de la femme sont des exemples trop répandus de facteurs pouvant mener à des troubles de l’éjaculation (Dugal, 2021b).

Diminution du désir sexuel chez l’homme

Le désir est un état d’anticipation, ou autrement dit une envie, de contacts sexuels agréables et satisfaisants qui nous motive à nous engager dans des activités sexuelles (Dugal, 2021a).

As-tu déjà vécu une période très stressante au travail ou vécu un deuil important pour te rendre compte quelques semaines plus tard que tu n’avais plus vraiment envie d’avoir des relations sexuelles ? Tu n’es pas seul·e puisqu’entre 3 et 41 % des hommes rapportent une diminution du désir sexuel, la proportion de personnes touchées variant grandement selon les populations étudiées (Brotto, 2010).

Les études sur le sujet ont souvent été biaisées, portant surtout sur la diminution du désir sexuel chez les femmes (Dugal, 2021a). D’ailleurs, les critères diagnostiques définissant ce trouble ont fait l’objet de nombreuses discussions se basant autant sur le jugement clinique des spécialistes que sur les études antérieures, étant donné le peu de données disponibles (Brotto, 2010).

Le diagnostic est posé lorsque la personne propriétaire d’un pénis identifie une diminution ou une absence persistante de pensées érotiques ou sexuelles, de fantaisies imaginatives ou de désir d’activités sexuelles pour un minimum de six mois. L’évaluation est effectuée par un.e clinicien.ne qui tient compte des facteurs influençant le fonctionnement sexuel tels que l’âge et le contexte de vie de la personne, en plus de vérifier la présence d’une détresse significative chez celle-ci. 

Pour en savoir plus

Si tu veux en apprendre plus sur le désir et sur les facteurs qui peuvent le faire varier, je t’invite à aller lire cet article du blogue. Il y a même une suite qui s’intéresse aux astuces pour reconnecter avec ton désir !

Dysfonction induite par une substance/un médicament

As-tu déjà eu de la difficulté à avoir une érection après une soirée bien arrosée ? As-tu déjà pris un médicament pour mieux gérer ton anxiété pour finalement te retrouver sans désir sexuel ? Si une personne vit une dysfonction sexuelle, mais que les symptômes sont apparus pendant ou juste après une intoxication (ou un sevrage) ou après la prise d’un médicament, la dysfonction sexuelle est donc plus une conséquence ou une répercussion de la consommation. (APA, 2016). 

Quel genre de substances ?

Les substances les plus susceptibles de provoquer des dysfonctions sexuelles sont l’alcool, les opiacés, les sédatifs, les hypnotiques, les anxiolytiques, les antidépresseurs, les amphétamines (ou autres psychostimulants) et la cocaïne (APA, 2016). D’ailleurs, le tabagisme, ainsi que la consommation d’alcool et de drogues ont été identifiés comme des facteurs de risque importants des troubles de l’érection (Sivaratnam et al., 2021). 

Que faire si je me reconnais là-dedans ?

On s’entend, ça fait beaucoup d’informations en même temps ! Je te propose donc deux petites questions pour distinguer une difficulté d’une dysfonction sexuelle. 

Premièrement, vis-tu des difficultés sexuelles très régulièrement ou de manière récurrente, et ce, depuis au moins 6 mois 

Deuxièmement, vis-tu de la détresse en lien avec tes difficultés sexuelles ? En d’autres mots, est-ce que c’est une source de stress, de frustration ou d’anxiété pour toi ?

Si c’est le cas, c’est important d’en parler à tan partenaire ou à quelqu’un de confiance qui pourra t’écouter et te soutenir. Pourquoi ? Parce qu’on l’a vu, les facteurs causant une dysfonction sexuelle sont bien souvent de nature psychologique, sociale ou relationnelle. Adresser la situation plutôt que l’éviter est donc la première étape pour y remédier. Et puis, parce que si une activité sexuelle se fait souvent à deux (ou à plusieurs), surmonter une dysfonction sexuelle aussi !

Tu peux aussi consulter un.e spécialiste. Les médecins, les sexologues et les psychologues spécialisé.e.s en thérapie sexuelle pourront te proposer plusieurs pistes d’intervention. L’important, c’est de se rappeler qu’il n’y a aucune honte à demander de l’aide, que tu n’es pas seul.e à vivre ces difficultés et surtout, qu’il y a des moyens efficaces d’améliorer celles-ci.

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