Les personnes atteintes d’un handicap ont droit à de l’affection et au sexe (oui, oui), et ce, de la manière dont elles le désirent. Si certain·e·s, fort heureusement, ont réussi à trouver l’amour ou bien une façon de combler leurs besoins, d’autres, en revanche, éprouvent bien de la difficulté à y avoir accès.

Mais comment peut-on arriver à changer la perception qu’on se fait de la vie intime des personnes handicapées alors qu’on se limite, bien souvent qu’autrement, à leur incapacité d’accomplir certaines tâches du quotidien ? 

On te partage quelques vérités au sujet de la sexualité des membres de cette communauté, question de commencer à faire tomber les tabous.

Désir sexuel pour toustes

Avoir du désir sexuel, c’est un phénomène du corps humain tout à fait naturel (et on ne s’en plaint pas). Les personnes handicapées ne sont pas épargnées de ressentir ces chaleurs dans le bas ventre, d’avoir le désir de se coller contre quelqu’un, d’embrasser, de caresser et de vouloir jouir. Elles veulent se sentir importantes aux yeux d’un·e autre et veulent se sentir validées en tant qu’êtres sexuels.

Une personne handicapée n’est pas limitée à une sexualité dite « vanille ». Elle a aussi le droit d’avoir une vie sexuelle active, d’expérimenter des trucs non conventionnels ou bien de faire partie de l’industrie du sexe (pourvu qu’elle ne soit pas considérée comme un objet). Les personnes handicapées ont les mêmes fantasmes et les mêmes envies que tout le monde (oui, oui).

Avoir un désir sexuel est une chose, mais pouvoir le combler en est une autre. Pour certaines personnes, notamment celles avec un lourd handicap, le fait de ne pas pouvoir jouir d’une vie affective ou sexuelle peut mener à des carences socioaffectives, peut engendrer de la frustration et mener à la dépression. En avoir envie tellement fort sans pouvoir y faire grand-chose, c’est une réalité que beaucoup vivent.

Par manque d’opportunités, certaines personnes handicapées vont accepter des expériences qui ne leur conviennent peut-être pas, qui vont à l’encontre de leurs valeurs, ou qui pourraient compromettre leur sécurité, juste pour avoir un semblant de vie sexuelle.

Avec les yeux du cœur

Une personne handicapée désire être aimée, tendrement (ou férocement, si c’est son kink). Elle espère que quelqu’un la regardera avec les yeux du cœur (oui oui, comme dans la chanson de Gerry Boulet) et que cette personne la trouvera tout aussi magnifique à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Avec les hauts standards de beauté qui font loi dans notre société, on ne se surprend pas qu’il soit difficile d’apprécier le physique sous toutes ses formes et ses coutures. Notre conception de la beauté est erronée. Il est possible de trouver une personne présentant une différence physique attirante. Le corps d’un·e handicapé·e n’est ni laid ni repoussant, il est valide et le sera toujours.

Heureusement, il existe bel et bien des gens qui verront la réelle beauté chez une personne handicapée. La plupart du temps, ces gens ont été confrontés avec la différence dès leur jeune âge. Leur ouverture est telle qu’ils voient la personne et l’aime comme elle est vraiment, autant pour son apparence que pour sa personnalité. Il s’agit d’aller au-delà du premier regard, au-delà de nos standards de beauté parfois (souvent) rigides.

Le handicap n’est pas une affaire de préférence

Il faut le clamer haut et fort, le handicap n’est pas (et ne sera jamais) une question de préférence. Si la couleur des cheveux, la grandeur ou bien la carrure peuvent être des critères dans la recherche d’un ou d’une partenaire, le fait d’être atteint d’un handicap, en revanche, n’est pas une raison valable pour swiper à gauche sur Tinder.

Mais c’est là que le problème survient. On ne pourra jamais forcer une personne à en aimer une autre ou la forcer à être attirée par ce qui est différent. Certaines personnes handicapées en viennent malheureusement même à assimiler qu’elles sont indésirables, car elles ne correspondent pas à ce qu’elles voient dans les médias. Ça prend un énorme examen de conscience en tant que société pour que tout change.

Ou au contraire, il y a des gens pour qui le handicap est un fétiche. Même si, du point de vue de la personne handicapée, ça peut sembler flatteur, reste que la convoitise n’est axée principalement que sur l’apparence physique, la personne handicapée est plus objectifiée qu’autre chose.

Une meilleure représentation dans les médias

Mais que peut-on faire en tant qu’individus pour élever ces personnes mises dans l’ombre beaucoup trop souvent ?

Pour permettre d’admirer toute la beauté de celles et ceux présentant des handicaps, il faut les voir dans les médias, dans les magazines, à la télévision, au théâtre et au cinéma (en d’autres termes, partout). Il faut les voir au même titre que tout le monde, avec un désir de carrière et de rencontres amoureuses fructueuses. Iels doivent être représenté·e·s au mieux pour normaliser le fait qu’iels sont beaucoup plus que leurs handicaps. Cette normalisation aura un effet bénéfique sur la valorisation des corps atypiques.

Est-ce utopique de croire qu’un jour, l’homme le plus sexy du moment n’ait qu’un bras ou soit en chaise roulante ? Est-ce déraisonnable de croire qu’un jour une actrice porno prospère soit atteinte de nanisme ?

Des allié·e·s d’exception

Les personnes non handicapées peuvent être d’importantes alliées dans l’émancipation d’une personne handicapée. On peut les accompagner à ce qu’elles fassent les bons choix et s’assurer qu’elles vivent leurs expériences de façon la plus saine possible. Voici quelques trucs bien simples, mais qui peuvent faire une différence si tu es ami·e avec une personne en situation de handicap :

  • Les valider en tant qu’être doté de sexualité ;
  • Discuter avec ouverture et compréhension de leurs besoins et de leurs envies ;
  • Tenter de trouver des personnes qui peuvent être intéressées par elles (ça semble anodin, mais ça peut être d’une aide significative) ;
  • Les inclure dans les discussions crunchy, et ce même si la personne n’a pas ou très peu d’expériences.

Un jour à la fois

Le plus difficile dans cette quête d’amour et de plaisir charnel est probablement le rejet (ou la peur du rejet) en rapport avec leur différence, qu’elle soit physique ou intellectuelle. Même si c’est difficile et que l’attente est longue, l’amour viendra au bon moment. Pour l’instant, tout ce qu’il reste à faire, c’est de prendre l’occasion pour s’aimer soi-même le plus possible et de prendre ça un jour à la fois.

Il ne faut pas oublier que l’amour forme un grand tout. On tombe amoureux·se d’une personne et non de son physique.

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À propos de Matthy Laroche

Rédacteur pigiste | Pronoms : Il/le | Queer, curieux, introverti d’un côté et extraverti de l’autre, j’ai modelé ma vie à ma façon, car la route standard n’était pas faite pour moi. Ma mission première sur les réseaux sociaux est d’assurer une plus grande représentation des personnes handicapées dans les médias et d’ouvrir les discussions sur notre réalité (viens donc me suivre, @matthyroche). La sexualité, entre autres, est un sujet qui m’interpelle beaucoup. Après tout, les personnes handicapées peuvent aussi avoir du fun.

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