On s’excuse d’avance pour l’utilisation de termes binaires, mais malheureusement, les personnes non binaires sont rarement incluses dans les études et c’est le cas pour l’étude mentionnée plus bas.

Pendant plusieurs siècles (et même encore aujourd’hui), les relations sexuelles étaient synonymes de pénétration pénis-vagin. Outre les zones érogènes dites « primaires » ou génitales (clitoris, vagin, pénis, testicules, prostate et anus), le corps humain comporte plein d’autres trésors. Pour en finir avec la nécessité de la pénétration, on te propose neuf zones à explorer afin d’agrémenter ta vie sexuelle.

Des théories freudiennes sur le soi-disant plaisir « immature » (clitoridien) vs « mature » (vaginal) de la femme, aux cours d’éducation sexuelle où l’on nous parlait seulement des moyens de contraception dans le cadre de relations sexuelles pénis-vagin, on a trop longtemps pris pour acquis qu’une relation sexuelle n’en était pas une sans pénétration. Comme s’il n’y avait que les organes génitaux et l’anus qui avaient le potentiel de nous emmener au 7e ciel !

Pourtant, le corps humain est composé de milliards de terminaisons nerveuses, capables de nous faire frissonner à n’en plus finir. Des petits nerfs qui attendent en silence, mais crient intérieurement « allez, vas-y, touche-nous, stimule-nous ! » ! Vue de même, la pénétration n’apparaît plus si essentielle que ça lors d’une partie de jambes en l’air !

Que les relations pénétratives ça ne soit pas trop ton truc ou que tu aies simplement envie d’élargir ton répertoire de plaisirs sexuels, on te propose ici quelques zones érogènes à ne pas laisser tomber dans l’oubli lors de ta prochaine date, ou en solo, un p’tit lundi soir tranquille.

Les zones érogènes extragénitales et les types de touchers

Érotiques pour certain.e.s, puis carrément sexuelles pour d’autres, les zones érogènes secondaires ont avantage à être découvertes. Ici, on te présente des zones non génitales les plus érogènes, identifiées par des femmes et des hommes* lors d’une étude faite sur plus de 800 sujets. 

Lors de cette étude, on demandait aux participant.e.s de classifier 41 zones érogènes en leur attribuant une note sur 10 (10 étant les plus érogènes et 1, les moins érogènes). Après les zones érogènes primaires (le pénis, testicules, vagin et clitoris qui ont tous obtenu une note d’un peu plus de 9 sur 10 et l’anus qui a été retiré de l’étude pour une raison inconnue), voici les zones érogènes secondaires rapportées comme les plus excitantes.

Bouche et lèvres

Sans grande surprise, c’est la bouche et les lèvres qui obtiennent la meilleure note niveau potentiel érogène. Possédant plus d’un million de terminaisons nerveuses, les lèvres et la bouche sont des endroits très propices à l’excitation sexuelle. À moins que tu ne sois asexuel.le, dis-moi sans rire que ça ne t’est jamais arrivé de devenir excité.e lors d’un french kiss cochon avec ton crush !

Cou

Comme le cou est composé de tissus très fins et très sensibles, ça lui donne un haut potentiel orgasmique ! Les touchers plus doux sont particulièrement appréciés par cette région. Tu peux t’essayer doucement avec tes doigts, ta langue ou même une plume. Laisse aller ton imagination ! 

Seins et mamelons

Tout comme les lèvres, les mamelons, à eux seuls, possèdent plus d’un million de terminaisons nerveuses. Surprenamment, ils seraient moins réceptifs aux caresses que d’autres parties du sein, comme les aréoles et les côtés latéraux de la poitrine. Les mamelons réagiraient plutôt à des types de touchers un peu plus intenses, comme sous l’effet de la vibration ou de la pression, par exemple. D’ailleurs, ce serait le clitoris et les mamelons qui seraient les deux régions les plus réceptives à la vibration de tout le corps. 

Par contre, attention à ne pas pincer trop fort ! Les mamelons de tan partenaire peuvent être très sensibles. C’est certain que si tu arrives direct’ avec les épingles à linge sur le bout des tétons sans préavis, il se peut que tan partenaire réagisse mal ! La communication et le consentement sont toujours de mise. 

Petite info pertinente : si tu veux savoir où tan partenaire est bien turned on, observe bien. Les études de Masters et Johnson sur la réponse sexuelle féminine ont révélé qu’en plus des mamelons qui durcissent, les seins augmentent légèrement en volume sous l’effet de l’excitation sexuelle !

Autre fait intéressant : les touchers au niveau des seins font réagir les mêmes structures neuroanatomiques que celles liées au clitoris, au vagin ou au col de l’utérus.

Pour ce qui est du chest masculin, il serait également sensible aux caresses, mais, contrairement aux poitrines féminines, les mamelons emporteraient une meilleure note.

Intérieur des cuisses

On s’entend que l’intérieur des cuisses, c’est assez proche des organes génitaux. C’est donc normal que plus tu montes, plus c’est sensible dans cette région-là ! La stimulation de cette région est donc érotique, et ce, autant pour les personnes ayant des organes génitaux féminins que masculins. 

Périnée

Particulièrement sensible pour les personnes ayant des organes génitaux masculins, le périnée correspond à la région se situant entre les testicules et l’anus. Lorsque stimulée (idéalement, en exerçant une pression assez ferme et soutenue), cette région peut même mener à un orgasme prostatique (souvent, sans présence même d’éjaculation). Dû à sa proximité de la prostate, lorsque tu exerces une pression sur le périnée de tan partenaire, c’est sa prostate qui est stimulée indirectement et le plaisir ressenti peut être très différent que lorsque le pénis est stimulé. Donc, même pas besoin d’être bandé pour avoir du fun !

Avant d’engloutir direct’ le sexe de tan partenaire, pourquoi ne pas commencer par lécher son périnée en remontant tranquillement vers son pénis tout en passant par ses testicules ? Tu peux t’essayer, mais n’oublie pas d’en parler avec tan partenaire pour s’assurer de son consentement avant de te lancer !

Cela dit, même si l’étude révèle que cette zone est nettement moins populaire chez les propriétaires de vulves, rien ne t’empêche de te faire ta propre idée et de l’explorer !

Nuque

Située tout en haut de la colonne vertébrale, la nuque correspond à la partie dorsale du cou. Si tu la stimules chez tan partenaire (avec une plume ou ta langue par exemple), il se peut que des frissons lui parcourent tout le long de la colonne vertébrale. Et ça, ça te réveille les sensations corporelles d’un coup (le jeu de mots n’était même pas intentionnel) 😉  !

En plus, le fait que tan partenaire ne voit pas ce qui se passe puisque tu es derrière elle ou lui (évidemment, t’as obtenu son consentement avant), ne te voyant pas, iel anticipera moins tes mouvements, ce qui peut faire monter l’excitation sexuelle en masse.

Oreilles

Les oreilles, et surtout le lobe de l’oreille, peuvent être très érogènes pour plusieurs. Directement connectée à l’ouïe, cette région-là peut profiter autant des stimuli tactiles que des stimuli auditifs. Donc tant qu’à être dans cette région, pourquoi ne pas susurrer quelque chose de sexy à l’oreille de tan partenaire pour lui faire part de ce que tu aimerais lui faire tout juste après ? Tu veux des idées pour obtenir le consentement de tan partenaire in a sexy way ? Fais un tour ici.

Pubis

Quand tu te fais toucher là, c’est sûr que ton cerveau a une petite idée de ce qui pourrait potentiellement s’en venir après. Et ça, ça peut être très excitant !

C’est pourquoi ça peut être gagnant de prendre son temps, de faire durer le désir et de faire monter l’excitation sexuelle avant de descendre plus bas.

Fesses

La vue des fesses est considérée comme érotique pour plusieurs. Donc en plus d’être un stimulus sensoriel, c’en est un visuel aussi. C’est pourquoi le plaisir est réciproque : autant pour la personne qui reçoit (les câlins, les baisers ou encore la fessée) que pour la personne qui donne.

Pour ce qui est des préférences de tan partenaire quant aux différents types de touchers, comme toutes les autres régions, tu ne peux pas deviner. Donc aussi bien demander !

Les pieds : un mythe ?

La plus grande surprise de l’étude a été de constater que les pieds ne représentaient pas une zone érogène importante (ayant obtenu une note d’à peine 1,3 sur 10). 

Oui, les pieds représentent 47 % des fétiches liés à une partie du corps. Par contre, c’est plutôt le stimulus visuel (donc la vue des pieds ou des objets associés) qui est perçu comme excitant et pas nécessairement le stimulus tactile (donc le fait de toucher ou d’être touché.e) du pied. 

Différences individuelles : au-delà des clichés et de la « norme »

Si certaines zones sont généralement plus réceptives que d’autres chez la majorité des personnes, il peut y avoir des différences individuelles importantes, que ce soit au niveau des préférences dans les types de touchers, qu’au niveau des zones préférées. 

Par exemple, comme on l’a vu plus tôt, le côté des seins est plus réceptif aux touchers « doux ». Mais il se peut que toi, ce qui te turn on, c’est quand tan partenaire te serre les seins vraiment forts !

C’est pour ça que la communication, c’est la base pour explorer le corps de tan partenaire. Après tout, on n’est pas dans le corps de l’autre, tu ne peux donc pas lire dans ses pensées et deviner ce qui l’excite ou ce qui la.le rend mal à l’aise. 

Aussi, il est important de noter que, oui, les zones secondaires couvrent 26 % du corps de (la majorité) de la population, mais tous les endroits du corps sont potentiellement érogènes puisque la peau entière est un organe sensoriel (donc remplis de mécanorécepteurs cutanés). So, si tu n’es pas sûr.e de connaître les parties du corps que tan partenaire aime se faire tripoter, demande-lui donc !

Les hommes vs les femmes

As-tu déjà entendu quelqu’un dire que les femmes auraient plus de zones érogènes que les hommes ? Ou qu’elles ressentiraient davantage de plaisir sexuel lorsque leurs zones érogènes seraient stimulées ?

Les hommes et les femmes dans les études rapportent pourtant le même nombre de zones érogènes. C’est au niveau de l’intensité que ça varie. Comme les femmes auraient tendance à donner une note plus élevée que les hommes, on en déduit que celles-ci ressentiraient une excitation sexuelle plus intense lorsque leurs zones érogènes secondaires seraient stimulées. 

Une des principales hypothèses qui ressort afin d’expliquer cette différence c’est que, socialement, les femmes ont été plus habituées à toucher et être touchées que les hommes. D’ailleurs, selon une étude faite sur les zones érogènes extragénitales des femmes, 12 % des participantes ont rapporté pouvoir atteindre l’orgasme seulement par stimulation de ces zones dites « secondaires ». Est-ce qu’on a des données pour les hommes ? Pas vraiment ! On dirait qu’aucune étude ne s’y intéresse. Cela a pour effet de renforcer l’idée que les femmes préfèrent davantage les touchers extragénitaux que les hommes et en même temps, découragent les hommes de découvrir leurs zones érogènes secondaires. Donc, pas étonnant que les hommes ne donnent pas une bonne note à leurs zones potentiellement érogènes, mais pas encore découvertes !

Innées ou acquises ? 

Alors, est-ce que les zones érogènes sont innées ou acquises ? Comme un peu pour tout : c’est un peu des deux. 

Premièrement, les études révèlent que les zones érogènes secondaires sont sensiblement les mêmes d’une culture à l’autre. Ce qui pourrait laisser croire que les zones considérées comme érogènes ne dépendent pas de l’apprentissage de ce qui est considéré sexy dans une culture donnée. Donc, on pourrait dire qu’il y a quand même beaucoup de bio (ou d’inné) d’impliqué là-dedans. 

Mais…

Les zones érogènes sont aussi apprises (donc acquises), car ça dépend de tes expériences ! Il se peut que certaines zones de ton corps soient potentiellement très érogènes à la base, mais que tu ne les aies pas encore découvertes ! Une fois découvertes (il ne te suffit que d’une belle expérience avec une personne chaude et vraiment de ton goût), ton cerveau associe la stimulation de cette zone à l’anticipation d’un plaisir ou de l’excitation sexuelle. 

C’est pourquoi on t’encourage à les découvrir… seul.e, ou accompagné.e ! 😉

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À propos de Anne-Claudel Parr

Sexologue, Rédactrice | Pronoms: elle/la | Passionnée de plage, de voyage et de salsa, j’ai étudié en science politique, en psychologie, fait un certificat en psychoéducation et en espagnol avant d’atterrir en sexologie et de trouver ma voie (ben oui, c’est long se trouver parfois) ! Féministe intersectionnelle de cœur et de raison et membre de la communauté LGBTQIAP2S+, je pose un regard assez scientifique et théorique sur la sexualité, mais en essayant d’être moins plate que ton prof de socio au cégep. J’espère pouvoir élargir ta conception de la sexualité, dire ce qui n’est pas dit et jaser de l’éléphant rose. Ensemble, on va faire la deuxième Révolution sexuelle ! Embarques-tu ?

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