Dû aux mesures mises en place par le gouvernement, les commandes passées depuis le 23 décembre, jusqu’à nouvel ordre, seront traitées lors de la levée de l’ordre de fermeture des entreprises à bureaux.

Quand la dépression s'invite entre nos draps

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Quand on pense dépression, ce qui nous vient en tête n’est pas nécessairement notre sexualité. Pourtant, notre vie sexuelle est souvent affectée avant, pendant et après des périodes plus sombres. Voici un témoignage de ce que peut avoir l’air notre sexualité lorsqu’on se retrouve sous médication pour dépression et/ou anxiété.

Dépression, pilules et effets secondaires… un cocktail peu conseillé

La noirceur, les doutes, l’anxiété, le cycle sans fin, c’est noir tout le temps, on ouvre comment la lumière, donc ? Ah oui, voilà, Citalopram tous les matins, jusqu’à ce que ça aille mieux. Et même quand ça ira mieux. On ne lâche pas une recette gagnante.

Est-ce que ça va me donner plusieurs effets secondaires ? Non, non, vaut peut-être mieux ne pas regarder les effets secondaires. L’important, c’est d’aller mieux.

Juste un petit quelque chose de positif. Juste un tout petit bourgeon de bonheur.

Alors, nausée, vomissement, étourdissement, prise de poids, alouette… Pas grave ! C’est bon, ça va passer. Je vais m’y habituer. Je peux m’habituer à tout sauf au noir. Je veux tout sauf la nuit tout le temps.

Et puis on est quelques mois plus tard. Et le voile de noirceur s’est éclairci. À coup d’une pilule par jour, on a fait un trou dedans, on laisse filtrer la lumière.

Pourtant, quelque chose ne revient pas. Malgré le printemps, malgré la clarté, malgré le maudit rayon qu’on a tant espéré.  

On s’habitue à ne pas avoir de désir, quand on est dans un cycle de dépression ou d’anxiété. C’est surtout parce que ce n’est souvent pas une priorité. Quand rien ne va, généralement, le réflexe, ce n’est pas de baiser. Ou faire l’amour. Ou fourrer. Pour certaines personnes, ça l’est, mais ces épisodes sont la plupart du temps accompagnés d’une baisse importante de libido.

Le retour du printemps

Vient un moment, dans la reconstruction, dans la convalescence, où notre tête nous dit que ça devrait nous tenter, et où notre corps ne répond simplement pas présent. C’est une pensée traître, ça : ça devrait me tenter. Parce que ça implique deux choses : on se sent assez bien pour avoir envie de faire l’amour, et, pourtant, on n’a pas envie de faire l’amour. Huh.

Souvent, à cette étape-là, on n’est pas triste, ou anxieux, on est juste… au neutre. Alors, au début, on se dit que c’est normal, que ça va revenir, qu’on a traversé une montagne, un désert, qu’il faut faire attention, qu’il faut y aller doucement. Mais le neutre reste, comme un compagnon silencieux dont on n’oublie pourtant jamais la présence. Le neutre, sans le manque… parce que s’il y avait un manque, ce serait fini la sécheresse, non ?

Alors, on retourne faire ses devoirs. On regarde comme il faut, cette fois : Citalopram, effets secondaires. Merci Google. On fait défiler la liste : oui, oui, on les a tous eus, et on est passé par-dessus. On lit plus loin.

Oh, oh.

Effets secondaires possibles : baisse de libido, difficulté à atteindre l’orgasme, impossibilité d’atteindre l’orgasme.

Oh. Eh bien. On nous avait prévenu.e.s, dans le fond. Mais on n’est pas plus avancé.e.

C’est un dilemme souvent particulièrement difficile : est-ce que je veux aller mieux et continuer d’aller mieux ? Certainement. Est-ce que je veux faire une croix sur ma sexualité pour toujours ? Certainement pas.

Now what ?

Chaque démarche est personnelle, mais certaines choses reviennent souvent. Par exemple, quelque chose qui fait du bien, c’est de prendre le pouls de sa sexualité, se poser des questions, quand on est prêt.e à le faire.

De quoi avait l’air mon désir, avant ? Comment se manifestait-il ? Est-ce que c’était fréquent, chez moi, d’avoir envie de sexe ? Certaines personnes sont là justement pour accompagner ce processus. Parce que c’est difficile de se poser les bonnes questions, parfois. Elles ne viennent pas facilement, on les fuit. Les sexologues sont là pour ça : ce sont des magicien.ne.s des bonnes questions ; iels sont qualifié.es pour nous questionner de façon qu’on n’oserait jamais le faire nous-mêmes. Quand tout est déréglé, c’est bien de repartir à zéro.

Et puis, il y a les médecins. Si on se sent en confiance, on peut aussi s’ouvrir à elleux. Je trouve important de mentionner « si on a confiance ». Personnellement, quand j’ai mentionné à mon médecin ma baisse de libido, il a lâché, tout simplement :

« Ah, ben oui hein, c’est normal. »

Ben oui, hein. Merci, ça m’aide beaucoup. 

Tout ce processus peut être franchement démoralisant par moment. Mais il ne faut pas se laisser abattre. Parce que oui, c’est normal (c’est quoi normal, de toute façon ?). Oui, disons que c’est commun, mais, oui, il y a des solutions. Et puis, gardons tout de même espoir. Ce n’est pas toujours comme ça. Il existe plusieurs professionnel.le.s de la santé à l’écoute active, qui vont décider, si on va assez bien, de proposer des alternatives : changer de molécule, diminuer la dose, peut-être même sevrer, tout dépendant de l’état de notre santé physique et mentale. Il existe plusieurs voies à explorer, même si ça peut être un chemin long et pas toujours rose, les médecins devraient toujours être là pour conseiller et écouter. Si tu ne te sens pas reçu.e dans ce que tu exprimes, n’hésite pas à aller chercher une deuxième opinion.

Et puis, bien sûr, on ne peut passer sous silence l’autre. La personne qui partage souvent notre vie. C’est important d’être ouvert.e avec son ou sa partenaire. Ce n’est pas toujours une discussion facile. En fait, c’est souvent un dommage collatéral des dépressions et de la guérison. La personne peut se sentir négligée, écartée. C’est alors un bon moment d’ouvrir cette discussion sensible et si importante. Et d’être à l’écoute de son corps, de ses poussées de désir, si rare soit-il. C’est le moment d’exaucer les désirs, de baigner dans le plaisir pur et dur, d’expliquer à notre partenaire ce qui nous fait du bien, de se permettre de prendre plus que de donner.

C’est plate, mais ça prend de la patience

J’aimerais finir cet article en disant qu’il y a une solution miracle, sauf que je ne crois pas que ce soit le cas. Peut-être qu’elle existe, mais je ne la connais pas. Moi, ce que je sais, c’est que ce qui est le plus important, le plus difficile certes, mais aussi le plus salvateur, c’est d’user de patience. Et aussi, surtout, d’accepter que pour aller mieux, on a dû faire un sacrifice. Que ça peut prendre du temps, que ça peut changer complètement, mais que c’est fort probable que ça ne dure pas toujours. Tout comme la noirceur a cédé la place au soleil, le désert se métamorphosera éventuellement en abondance, mais il faut donner à son corps et sa tête le temps d’aller mieux. Une sexualité positive est une sexualité non pressée, non forcée et non impatiente. Le temps fait bien les choses. C’est cliché, mais c’est vrai.

Mot de notre sexologue

L’anxiété et la dépression sont deux conditions qui peuvent, en elles-mêmes, diminuer le désir sexuel puisqu’elles altèrent l’humeur, la motivation et le système de récompense. Les traitements pharmacologiques peuvent s’avérer utiles, voire nécessaires afin d’améliorer l’état de santé mentale globale et, par conséquent, rétablir le désir sexuel. 

Le problème, c’est que certaines familles d’antidépresseurs et d’anxiolytiques ont pour effets secondaires… la baisse ou la perte de désir. Pour certaines personnes, cette diminution de désir se manifeste surtout en début de traitement, puis s’estompe avec le temps. Par contre, pour d’autres, elle persiste.

Comment savoir si ma diminution de désir est liée à la dépression/à l’anxiété ou à mon traitement pharmacologique ?

Comme la diminution ou la panne de désir est très souvent engendrée par une multitude de facteurs, il est difficile d’identifier une cause principale.

La première étape est de discuter avec san médecin de ta baisse ou perte de désir afin d’éliminer les causes pouvant être liées à la prise d’un médicament ou à une condition médicale (très souvent de nature hormonale). Le cas échéant, lea médecin pourrait proposer une solution alternative (autre traitement pharmacologique) ou un traitement pour pallier un dérèglement hormonal.

Si le désir sexuel ne s’améliore pas, il est conseillé de consulter un.e sexologue psychothérapeute, car celui-ci/celle-ci pourrait t’aider à identifier les causes psychosociales pouvant être responsables de ta baisse ou de ta perte de désir sexuel. 

Pour mieux comprendre les fluctuations de désir sexuel et les facteurs liés à sa diminution, fais un tour ici. Si tu n’es pas certain.e d’expérimenter une baisse de désir, tu pourras faire le quiz qui se retrouve à la fin de l’article. 

Finalement, si tu crois que ta baisse de désir est mineure, temporaire et plutôt due à des facteurs psychosociaux (enjeux dans le couple, passé de traumas sexuels, problématiques de communication, etc.), voici les facteurs sur lesquels tu as de l’influence pour reconnecter avec ton désir sexuel habituel ou pour maintenir la flamme dans ton couple. 

— Anne-Claudel Parr

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