Dû aux mesures mises en place par le gouvernement, les commandes passées depuis le 23 décembre, jusqu’à nouvel ordre, seront traitées lors de la levée de l’ordre de fermeture des entreprises à bureaux.

Non, tu n’overreact pas : 8 exemples de violence sexuelle banalisée


En ce mois de sensibilisation aux agressions sexuelles, on laisse de côté notre petit côté ludique le temps de faire le point sur ces comportements banalisés qui nous hantent, question de pouvoir tranquillement faire disparaître nos fantômes.

TW : Mention d’agression sexuelle et de différents types de violence sexuelle (harcèlement, attouchement, voyeurisme, coercition, et autres). Descriptions et exemples de comportements violents. Mention de violence sexuelle conjugale.

On vit dans une culture du viol. It’s a fact

À force de romantiser la violence sexuelle à grands coups de films hollywoodiens, de la banaliser à bonnes pelletées de blagues entre ami.e.s, de l’intérioriser en bouchées doubles depuis des siècles, on finit par oublier à quoi elle peut ressembler. On lui donne des noms qui font moins peur, qui semblent moins sérieux, qui nous font nous remettre en question à savoir si le goût amer qu’on a en bouche est légitime ou si on est juste en train d’overracter.

Un geste posé par un.e partenaire n’est pas moins grave. Une action qui ne laisse pas de marque physique n’est pas moins violente. Des paroles ne font pas moins mal. 

Déconstruire la culture du viol, c’est appeler un chat un chat et enfin reconnaître ces comportements sexuels violents qu’on ne devrait pas prendre à la légère. En voici huit.

Quand on se frotte sur toi au club sans que tu n’aies rien demandé

Ce que c’est vraiment : un attouchement sexuel.

Rien de plus représentatif d’une soirée au club que de faire un mur avec ses ami.e.s pour pouvoir danser en paix. Parce qu’on est tristement jamais bien loin de se faire agripper par derrière, les fesses maintenant collées sur l’entre-jambes d’une personne qu’on ne connaît pas et à qui on n’a pas donné l’autorisation de se lancer ainsi dans une danse lascive. S’ensuit inévitablement le move de vers de terre 🪱 pour se défaire de l’emprise de l’inconnu.e.

C’est bien beau vouloir se déhancher, mais sans le consentement de l’autre, ces mouvements de bassins et ces mains baladeuses ne sont rien de moins que des attouchements sexuels.

Ton twerking n’est pas une invitation systématique à te faire grinder. Ton kit à la Maddy Perez non plus.

Quand on te catcall

Ce que c’est vraiment : du harcèlement sexuel.

Trouve-moi une femme qui ne s’est jamais fait siffler, qui ne s’est jamais fait lancer un commentaire sexuel, qui ne s’est jamais fait dévisager sans gêne de la tête au pied alors qu’elle marchait seule — I’ll wait. C’est tellement commun qu’on oublie que ça peut créer un profond malaise chez la personne qui le vit.

Et si les femmes en sont souvent victimes, elles ne sont pas les seules à y être sujettes. Les membres de la communauté 2SLGBTQIA+ y ont droit aussi, incluant les hommes gais — eh oui, la masculinité toxique est partout.

Si on ne l’a jamais vécu soi-même, on ne peut pas savoir. Mais se faire catcaller est loin d’être un compliment. C’est se faire imposer une dynamique de pouvoir. Se faire objectifier. Vivre un sentiment d’inconfort et avoir peur. C’est du harcèlement sexuel.

Quand on t’envoie une dick/clit pic de nulle part

Ce que c’est vraiment : l’envoi de contenu explicite non sollicité.

On n’est jamais à l’abri d’ouvrir un message dans ses DMs seulement pour y trouver un entre-jambes dénudé plutôt qu’un « Salut, comment ça va ? ». Recevoir des photos de pénis est tellement commun que ça a même inspiré Kim Lévesque-Lizotte à faire un documentaire sur le sujet. Mais qui dit commun ne dit pas nécessairement sans répercussions. Insidieusement, c’est une dynamique de pouvoir qui s’installe. C’est imposer cette photo à la personne qui la reçoit sans son consentement et la soumettre au désir de celle qui l’a envoyée. C’est l’équivalent de se faire flasher par une personne en trench-coat au coin d’une rue, mais à l’ère du téléphone intelligent.

Si l’envoi de photos explicites non sollicitées entre adultes n’est pour l’instant pas puni au Canada, dans les États du Texas et de la Caroline du Sud, en Écosse, à Singapour et au Danemark, c’est passible d’une amende ou d’une peine de prison allant jusqu’à trois ans — et ça reste que c’est du harcèlement sexuel.

Quand on te filme à ton insu pendant une activité sexuelle

Ce que c’est vraiment : du voyeurisme et la publication non consensuelle d’une image intime. 

C’est arrivé à l’amie de mon amie. Non, ceci n’est pas un épisode de Frissons, mais bien une histoire vraie de vraie. Plusieurs années de vie commune avec son chum pour découvrir un bon matin qu’il l’avait filmée à son insu (premier crime) et avait publié la vidéo de leurs ébats sur un site porno des plus populaires (deuxième crime). Un sacré choc, pour peu dire.

Même si c’est tan partenaire, même si c’est « juste pour son usage personnel », même si on ne te reconnaît pas, te faire filmer ou prendre en photo sans ton consentement et dans un but sexuel, c’est une infraction de voyeurisme selon le Code criminel du Canada. Aussi, publier ces images intimes peut être passible d’une amende ou d’une peine d’emprisonnement allant jusqu’à 5 ans selon le cas.

Quand on envoie tes nudes à des ami.e.s

Ce que c’est vraiment : le partage non consensuel d’image intime. 

Avec la technologie d’aujourd’hui, on a le sexe au bout des doigts. Il suffit de quelques messages de sextage qui se transforme rapidement en échange de photos coquines et en deux temps trois textos, on a les culottes mouillées et un peu plus chaud. Sounds familiar ? You’re not alone. Selon un article du New York Post de 2019, 37% des milléniaux auraient déjà envoyé des photos explicites d’elleux-mêmes à d’autres.

« T’aVaIs JuStE à PaS eNvOyEr dE nUdEs », c’est l’équivalent de dire à une victime d’agression sexuelle qu’elle n’aurait pas dû boire ou s’habiller sexy. Le problème, ce n’est pas les photos intimes en soi, c’est leur partage sans ton consentement. Oui, tu as envoyé ces photos de ton plein gré. Et si tu as voulu la jouer extra safe, on n’y voit peut-être même pas ton visage. Mais peu importe : ça ne donne jamais la permission à qui que ce soit de les partager avec d’autres sans ton consentement. C’est pas « juste » déplacé, ou un manque de respect. Le partage non consensuel d’images intimes, c’est illégal. Point final.

Quand on insiste pour avoir des rapports sexuels avec toi

Ce que c’est vraiment : de la coercition sexuelle.

« Aller, juste un peu là. J’ai vraiment envie de toi. »

« Tu dis toujours non. J’ai des besoins moi, si ça continue va falloir que j’aille voir ailleurs. »

« Si tu m’aimais vraiment, tu dirais oui. »

« C’pas normal que ça ne te tente pas. Nos ami.e.s en couple couchent ensemble plusieurs fois par semaine. »

Tu finis par dire oui, parce que se laisser faire est moins épuisant que dire non. Deux trois gémissements et un petit orgasme faké s’impose au passage, question d’essayer de faire en sorte que ça se termine le plus vite possible, et le tour est joué. De toute façon, c’est tan partenaire, c’est normal qu’iel ait autant envie de toi, même si cette fois-là, ce n’est pas vraiment réciproque. C’est pas la fin du monde, right ? Non, pas right : wrong.

La coercition sexuelle, c’est mettre de la pression sur une personne dans le but d’avoir un rapport sexuel — et ça arrive bien plus souvent qu’on ne le croit. Une étude menée auprès de 222 couples hétérosexuels a déterminé que la coercition aurait lieu dans 55% des couples.

Un « oui » obtenu par manipulation, par chantage, après avoir insisté, bref en ayant refusé le « non » initial, ce n’est pas un consentement enthousiaste. C’est une agression sexuelle.

Dette sexuelle

Étroitement lié à la coercition sexuelle, on trouve le concept de la dette sexuelle, c’est-à-dire le fait de se sentir comme si on devait une activité sexuelle à une personne, alors qu’on n’en a pas nécessairement envie. Comme quand tu te fais payer un verre (ou deux, ou trois) et que tu te dis « ouin, iel a dépensé tout cet argent pour moi, je peux bien lui faire une petite fellation / un petit cunni. »

Rappel amical : tu n’es jamais redevable d’un rapport sexuel à autrui.

Quand on retire le condom à ton insu

Ce que c’est vraiment : une agression sexuelle.

Tu ramènes ta date du bar. Tout se passe bien, ça commence à se réchauffer et vous avez envie de passer aux choses sérieuses. Consentement ✔️. Condom ✔️. Le plaisir peut monter en flèche.

Sauf qu’après le fait, tu réalises soudainement que le fameux condom n’était peut-être pas si « checked » que ça et que semblerait-il que tan partenaire l’ait retiré pendant vos ébats, sans que tu t’en rendes compte.

Ça s’appelle du stealthing et c’est malheureusement une pratique en hausse. Ce feeling qui prend forme dans ta poitrine, cette peur, cette incompréhension, cette frustration, ce sentiment d’avoir été dupé.e est complètement justifié.

Si la loi n’est pas explicite sur le sujet au Canada (quoiqu’il existe des précédents qui pourraient faire en sorte qu’une accusation de stealthing soit punie par la loi), depuis l’automne 2021, la loi en Californie qualifie carrément la pratique d’agression sexuelle et avec raison : consentir à une pratique sexuelle avec condom, ce n’est pas consentir à cette même pratique sans condom.

Quand on te réveille par une activité sexuelle

Ce que c’est vraiment : une agression sexuelle.

T’es-tu déjà fait réveiller par la main (ou la bouche ou les parties intimes) de tan partenaire qui s’affaire dans ton entre-jambes ?

À moins que vous ne vous soyez préalablement entendu comme quoi cette pratique est permise dans votre relation, te faire « surprendre » par une activité sexuelle n’est pas un simple réveil coquin.

Comme dirait Julie Snyder : « Je n’ai pas pu dire non parce qu’on ne me l’a pas demandé ». Si tu dors, tu n’es pas en mesure de donner ton consentement. Et sans consentement, on parle d’agression sexuelle.

« Ben là, faut pas exagérer. » 

On a assimilé qu’une « vraie » agression sexuelle est physiquement violente, qu’elle est commise par un.e étranger.ère louche et qu’elle se passe dans une ruelle sombre à 4h du matin. Mais, la réalité c’est que la grande majorité d’entre elles sont perpétrées par des personnes connues de la victime, par un.e ami.e, un.e proche, même par un.e partenaire et que si elles laissent bien trop souvent des marques psychologiques, elles n’en laissent pas toujours de physiques.

C’est pareil pour toutes les violences sexuelles listées ici. On les balaye sous le tapis parce qu’on préfère nier leur vraie nature au lieu de les regarder en face — c’est bien moins angoissant de se dire que ce n’est rien, plutôt que de réaliser à quel point la violence fait partie de notre quotidien.

Ça fait que non, on « n’exagère » pas. On refuse simplement de continuer à minimiser des actes qui sont, par définition, violents. On prend notre courage à deux mains pour démasquer ces comportements qui passent ni vu ni connu depuis trop longtemps — et on t’invite à faire de même. Parce que pour combattre la violence, il faut d’abord savoir la reconnaître.

Si tu vis ou as vécu de la violence sexuelle

Si tu as besoin d’aide, on t’encourage à en parler à une personne de confiance, un.e sexologue, un.e ami.e ou encore à aller chercher conseil auprès des organismes suivants :

Info-aide violence sexuelle — Ligne téléphonique pour parler à une intervenante de manière anonyme et confidentielle pour les victimes de violence sexuelle et obtenir des ressources.

CALACS — Centre d’aide offrant plusieurs ressources aux femmes survivantes d’agressions sexuelles.

Centre Marie-Vincent — Fondation qui soutient les personnes mineures victimes de violence sexuelle.

CRIPHASE — Centre d’aide pour les hommes victimes de violence sexuelle dans leur enfance.

Juripop — Services juridiques accessibles pour les personnes victimes de violence conjugale et/ou sexuelle.

SOS Violence conjugale — Organisme de soutien de personnes victimes de violence conjugale.

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Par Laurence Gribling

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